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Le clown solitaire.
Par Djamila Sedjerari, fondatrice, présidente. Publié le 4 janvier 2026.
Ou le clochard solitaire.
Cette gravure de Madeleine Flaschner, représentant un clown seul, m’accompagne en cette période de froid glacial, où la misère semble encore plus visible, plus lourde, plus palpable.
Un clown, figure censée faire rire.
Un clown ici immobile, silencieux, assis sur un banc.
Seul.
Ce numéro de cirque comique, dont nous sommes habituellement les spectateurs, se fige ici.
Le rire s’est tu.
Il ne reste que le silence, l’attente… et notre regard.
Dans le froid, la précarité n’est plus seulement ressentie : elle s’impose, elle se voit, elle se croise.
Ce clown-clochard, nous l’avons tous déjà aperçu.
Peut-être à deux pas de chez nous.
Sur un banc, à un coin de rue, dans une gare.
Parfois sans le regarder vraiment.
La précarité n’a pas de visage, ni de sexe.
Mais elle est souvent encore plus dure pour les femmes.
Les femmes de la rue.
Celles que je croise parfois aux Les Restos du Coeur
Celles pour qui la vulnérabilité se double du danger, de l’invisibilité, de la peur.
Une pensée pour ces femmes, et pour tous les autres aussi.
Pour celles et ceux qui traversent l’hiver seuls, dans la précarité
Ce dessin (gravure) nous rappelle que derrière les costumes, les rôles, les masques, parfois même derrière l’humour, il y a des solitudes profondes.
Des vies fragiles.
Des existences que le froid rend encore plus dures.
Le clown, ici, ne fait pas rire, il nous regarde et il nous interroge sur notre capacité à voir, àressentir et à ne pas détourner le regard.
Parce qu’en hiver, plus que jamais, la vulnérabilité des autres nous renvoie à notre propre humanité !
Gravure de Madeleine Flaschner (1933-2022)
Cirque Medrano - le Clochard solitaire - numéro de cirque des années 50 - Paris Montmartre
Mots-clés : Madeleine Flaschnerclownprécaritésolitude
Cet article prolonge un post publié sur LinkedIn.


