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Retraite : Pourquoi une carrière brillante ne suffit pas à garantir une retraite confortable
Par Djamila Sedjerari, fondatrice, présidente. Publié le 9 décembre 2025.
Hier encore, j’ai échangé avec une retraitée, ancienne Risk Manager d’un grand groupe français. Une carrière riche, exigeante, internationale.
Et pourtant, une retraite de base représentant 38 % de son dernier salaire.
Un chiffre qui surprend. Mais qui, pour qui connaît les mécanismes des régimes de retraite, n’a malheureusement rien d’exceptionnel.
- Le premier malentendu : « belle carrière = bonne retraite »
Dans le régime général, la retraite de base est calculée sur les 25 meilleures années, dans la limite du plafond de la Sécurité sociale, et sous réserve d’avoir le nombre de trimestres requis pour le taux plein.
Autrement dit : au-delà d’un certain niveau de rémunération, une partie du salaire ne génère tout simplement plus de droits.
Plus la carrière est ascendante (ce qui est fréquent chez les cadres, dirigeants et profils internationaux ) plus ce décalage est brutal à l’arrivée à la retraite.
- Le second angle mort : les carrières mobiles et internationales
Les parcours modernes sont rarement linéaires : expatriation, détachements, changements de statuts (salarié, cadre dirigeant, TNS), périodes à l’étranger sans cotisation au régime français, dispositifs complémentaires inexistants ou mal suivis.
Résultat : des « trous de droits » invisibles découverts trop tard, une retraite non liquidée à taux plein ou retardée, et une dépendance excessive à la retraite de base.
- La retraite complémentaire : indispensable, mais pas automatique
AGIRC-ARRCO, régimes supplémentaires d’entreprise, dispositifs d’épargne retraite… Encore faut-il les mettre en place, les alimenter régulièrement, et surtout les piloter dans le temps.
Beaucoup de cadres n’anticipent pas assez tôt. Par manque d’information, ou parce que la retraite semble lointaine… jusqu’au jour où elle devient imminente.
✅ Comment éviter une retraite subie ?
🔹 Comprendre ses droits réels, pas supposés : Faites un état des lieux précis ==>carrière, trimestres, plafonds, périodes internationales, droits acquis et manquants.
🔹 Anticiper les plafonds du régime général : Quand une partie du salaire ne génère plus de droits, compensez autrement via la retraite supplémentaire, des dispositifs individuels ou collectifs, et des stratégies adaptées aux carrières internationales.
🔹 Sécuriser les périodes à l’étranger Tous les pays et accords bilatéraux ne se valent pas. Certaines périodes ne génèrent aucun droit automatique si elles ne sont pas anticipées.
🔹 Penser la retraite comme un projet, pas comme une formalité Âge de départ, niveau de vie souhaité, rythme de vie, santé, fiscalité, lieu de résidence… La retraite est un temps long de la vie, pas une simple ligne administrative.
Anticiper, comprendre, compléter : c’est aujourd’hui que la retraite de demain se prépare.
La retraite n’est pas un sujet pessimiste. C’est un sujet de responsabilité, de lucidité, et même de liberté.
L’exemple de cette ancienne Risk Manager le montre bien : une carrière brillante ne garantit rien si la retraite n’a pas été structurée en amont.
Et vous, avez-vous déjà une vision claire de ce que représentera réellement votre retraite ?
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Cet article prolonge un post publié sur LinkedIn.
